Historique

Historique de l’éducation chez les Premières Nations

 

Campagne de sensibilisation à l’éducation des Premières Nations

  • Pré-contact : Durant des millénaires, les Premières Nations ont leur propre système d’éducation traditionnelle.
  • 1620 à 1680 : De 1620 à 1680, les Récollets, un ordre religieux français, puis les Jésuites et les Ursulines, organisent les premiers pensionnats de la Nouvelle-France. En 1680, les tentatives en vue d’éduquer les enfants des Premières Nations sont interrompues, faute de fréquentation.
  • Loi sur les Indiens et éducation

La Loi sur les Indiens (1876) précise que la responsabilité pour l’éducation des Premières Nations relève du gouvernement fédéral. Cette loi trouve sa source au sein de l’article 91.24 de la Loi constitutionnelle de 1867 et reconnaît au gouvernement fédéral un statut de fiduciaire à l’égard des Premières Nations. En fonction de cet état de droit, Affaires autochtones et Développement du Nord du Canada (AADNC) détient tous les pouvoirs en ce qui concerne : les normes de construction, d’installation, d’enseignement, d’inspection et de discipline relativement aux écoles des Premières Nations; et l’adoption et la mise en vigueur de règlements à cet égard. Cet exercice du pouvoir comprend un contrôle absolu sur la formule de financement des écoles des Premières Nations. Cette situation fait en sorte que les Premières Nations sont consultées, la plupart du temps, uniquement pour sauver les apparences. En réalité, elles exercent très peu d’influence sur les décisions qui touchent directement l’avenir de leurs enfants.

  • 1892 : Pour donner suite à la politique officielle d’assimilation du gouvernement, un partenariat se forme avec les églises qui administrent les écoles résidentielles au Canada. Le réseau des écoles résidentielles devient la pierre angulaire de cette politique d’assimilation. De toutes les mesures prises pour atteindre ce but, nulle ne se révélera aussi humiliante, blessante et dévastatrice que les pensionnats.
  • Selon le rapport de la Commission royale des peuples autochtones de 1996, les pensionnats n’étaient ni plus ni moins qu’une tentative de gouvernements successifs pour orienter le destin des Premières Nations en s’appropriant et en manipulant leur avenir par l’intermédiaire des milliers d’enfants qu’ils ont extirpés de leurs foyers pour les confier à la garde d’étrangers.
  • L’objectif de ces écoles résidentielles était de couper les enfants de leur milieu. Pour que cette coupure soit complète, les enfants étaient envoyés loin de leur région d’origine.
  • L’enquête Bryce de 1922 révèle un taux de mortalité de 24 % chez les 1 537 enfants des quinze écoles qu’il avait visitées. De plus, 50 % des enfants ne vivaient pas suffisamment longtemps pour profiter de l’éducation qu’ils avaient reçue dans les pensionnats.
  • Début des années 1950 : Des études recommandent que les enfants indiens soient intégrés dans les écoles provinciales.
  • 1969 : Le gouvernement fédéral met fin à son partenariat avec les églises et laïcise l’enseignement offert aux Premières Nations.
  • 1969 : Parution du Livre blanc sur la politique indienne qui recommande l’abolition des réserves et du statut d’Indien, ainsi que la prise en charge administrative des communautés par les provinces. Les Premières Nations crient au génocide culturel et rejettent le Livre à l’unanimité.
  • Années 1970 : La majorité des pensionnats cessent d’exister, mais le dernier à être dirigé par le gouvernement du Canada ne fermera ses portes qu’en 1996.
  • 1972 : La Fraternité des Indiens du Canada (devenue l’Assemblée des Premières Nations) publie La maîtrise indienne de l’éducation indienne en réaction au Livre blanc.
  • 1973 : Le gouvernement du Canada reconnaît officiellement La maîtrise indienne de l’éducation indienne. Cela marquera un tournant dans la démarche des Premières Nations pour reprendre le contrôle de leur éducation et prendre en charge progressivement l’administration de leurs écoles communautaires.
  • 1982 : Les droits existants, ancestraux ou issus de traités des Premières Nations du Canada sont reconnus et confirmés dans la Loi constitutionnelle de 1982, à l’article 35.
  • 1985 : Création du CEPN à la suite des recommandations de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) et de ses représentants.
  • 1988 : AINC met en place une formule de financement des écoles de bande. Cette formule est toujours en vigueur aujourd’hui.
  • 1994-1995 : Le Projet de déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones stipule, à l’article 15, que tous les peuples autochtones ont aussi le droit d’établir et de contrôler leurs propres systèmes et établissements scolaires où l’enseignement serait dispensé dans leurs propres langues, conformément à leurs méthodes culturelles d’enseignement et d’apprentissage.
  • 1996 : La Commission royale sur les peuples autochtones recommande que les Premières Nations aient la possibilité d’exercer leurs pouvoirs en matière d’éducation, qu’elles puissent reprendre le contrôle, adopter leurs propres lois et réglementer tous les aspects de l’éducation.
  • 2002 : Le CEPN publie un rapport intitulé Trente ans de lutte et de réalisations – 1972-2002 – Constat des Premières Nations concernant la prise en charge des services éducatifs qui affirme que la grande majorité des Premières Nations estiment que l’entière compétence en matière d’éducation doit être exercée.

L’objectif de cette campagne était de sensibiliser la population en général au sous-financement des écoles des communautés des Premières Nations