Formation professionnelle

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Campagne de sensibilisation à l’éducation des Premières Nations

Les premiers programmes de formation professionnelle sont apparus dans les années 1960. Cependant, c’est en 1995, à la suite des conclusions d’un groupe d’experts mandaté par le ministre de l’Éducation, monsieur Jean Garon, que la formation professionnelle prend un nouvel essor. Au moment du lancement de l’étude sur la relance de la formation professionnelle et technique, le Ministre demande aux membres du groupe de travail de considérer la formation professionnelle comme un élément important du développement régional et d’en tenir compte dans ses propositions. Lors du dépôt de son rapport, le groupe de travail est « convaincu que la formation professionnelle doit contribuer au rehaussement de la scolarisation des jeunes comme il sait aussi que la société québécoise ne peut plus tolérer que des jeunes quittent l’école sans qualification professionnelle et qu’ils arrivent dans le monde du travail sans compétence ».

Annuellement, le MELS investit plus de 2 milliards de dollars dans l’organisation et la promotion de l’offre de services en formation professionnelle.

Le modèle unique du Québec

L’enthousiasme entourant la formation professionnelle observé dans le système scolaire québécois n’a pas connu son pareil du côté des Premières Nations. L’organisation de la formation professionnelle du système scolaire québécois est un modèle unique au Canada. Ailleurs au pays, les différents corps de métiers s’apprennent au postsecondaire, dans des collèges ou par apprentissage en entreprise. Comme il s’agit d’une particularité régionale, les programmes de financement du gouvernement fédéral élaborés pour l’ensemble des Premières Nations du Canada ne reconnaissent pas l’offre de services ni l’aide aux étudiants en formation professionnelle au secondaire.

C’est du moins la compréhension qu’en a développée le CEPN au fil des ans. Cette hypothèse a été confirmée en juin 2006, lorsque, dans une lettre adressée au CEPN, la directrice générale de l’éducation d’AINC déclara : « Nous reconnaissons que ce document a exigé des efforts de collaboration avec notre ministère (document d’analyse de la situation de la formation professionnelle chez les Premières Nations du Québec) et l’analyse révèle que le gouvernement fédéral ne finance pas adéquatement la formation professionnelle dans les écoles administrées par les bandes du Québec ».

La formation professionnelle n’est pas une option

Au quotidien, pour les bandes visées, c’est 20 % de la clientèle qui n’a pas accès aux allocations d’aide nécessaires pour poursuivre des études dans des programmes de formation professionnelle ou à une offre de services de formation aux métiers spécialisés ou semi-spécialisés dans leurs communautés. Pour les étudiants des communautés, la formation professionnelle n’est pas une option. Seule une clientèle ciblée de prestataires des programmes de développement des ressources humaines peut y accéder, à certaines conditions.

On trouverait injuste que le système de prêts et bourses refuse l’aide aux étudiants en formation professionnelle sous prétexte que la formation s’offre au niveau secondaire. Il serait tout aussi difficile d’envisager que l’on puisse refuser aux écoles et commissions scolaires les ressources nécessaires pour offrir une programmation diversifiée et compréhensive des besoins d’adolescents et d’adultes en formation.

La formation professionnelle : une condition au développement

Un rapport du Conseil du Trésor du Canada (2004) établit à 58 % le taux de jeunes Indiens de l’Amérique du Nord vivant dans les réserves qui n’ont pas atteint le niveau secondaire et à 41 % celui des jeunes vivant à l’extérieur des réserves. Compte tenu de la courbe démographique croissante des communautés, des besoins en main-d’œuvre et en développement économique dans les réserves, la situation est très problématique. On estime humblement que 20 % du potentiel humain des Premières Nations du Québec stagne depuis 15 ans en raison de l’absence d’arrimage entre les programmes d’Affaires autochtones et Développement du Nord du Canada (AADNC).

Le public est en mesure de comprendre que, si le gouvernement fédéral n’assume pas sa responsabilité envers les Premières Nations, il prive les régions géographiques du Québec qui partagent leur territoire avec les Premières Nations d’une partie de leur dynamisme, contribuant ainsi à l’augmentation de l’indice de défavorisation de ces régions. Le Québec a besoin d’ouvrières et d’ouvriers. Les jeunes et les adultes des Premières Nations méritent qu’on leur offre de véritables possibilités d’obtenir les compétences nécessaires pour contribuer au développement des économies locales et régionales.

 

 

 

L’objectif de cette campagne était de sensibiliser la population en général au sous-financement des écoles des communautés des Premières Nations