Bibliothèques

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Campagne de sensibilisation à l’éducation des Premières Nations

Le programme d’enseignement primaire et secondaire d’AADNC, dont l’objectif affiché est d’offrir aux apprenants des Premières Nations des programmes et des services d’éducation comparables à ceux de la province ou du territoire qu’ils habitent, ne prévoit pas de financement pour exploiter les bibliothèques des écoles de bande.

Il serait difficile dans une école, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, de travailler sans avoir des livres.

Pour ceux qui ne le savent pas, AADNC impose aux Premières Nations des conditions strictes d’obtention du financement pour pouvoir administrer une école. Parmi ces conditions, il y a l’obligation pour les Premières Nations d’enseigner le programme scolaire de la province ET de respecter les normes de qualité fixées par la province. Cependant, AADNC ne donne pas aux écoles de bande les moyens nécessaires pour satisfaire aux exigences qu’il a lui-même fixées.

Ainsi, non seulement les écoles de bande ne reçoivent-elles aucun fonds d’AADNCpour acheter des livres, mais AADNC ne finance pas non plus la construction, l’ameublement ni l’entretien des bibliothèques scolaires, le renouvellement des collections de livres, les salaires de bibliothécaires ainsi que d’autres dépenses, comme les logiciels de gestion des catalogues ou de gestion des prêts.

Les conseils de bande doivent réduire les services essentiels

Pour la majorité des écoles de bande, sinon toutes, ne pas avoir de fonds pour les bibliothèques scolaires, ça signifie ne pas travailler du tout. Il serait difficile dans une école, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, de travailler sans avoir des livres. Rappelons que nous parlons de jeunes qui étudient en français ou en anglais et que ces langues ne sont pas des langues maternelles pour la plupart d’entre eux. Ces jeunes ont donc, plus que d’autres, besoin de lire davantage pour maîtriser ces langues. Les conseils de bande s’efforcent de trouver des solutions, c’est-à-dire qu’ils doivent faire des choix déchirants en coupant ailleurs, dans d’autres services, tout aussi indispensables. Il est clair aussi que ces solutions de bricolage ne permettraient pas de satisfaire aux normes actuelles d’une véritable bibliothèque scolaire qui doit offrir aux jeunes non seulement une collection d’ouvrages variés et récents, mais aussi un lieu où il fait bon lire et une aire multimédia, où ils peuvent visionner des films ou naviguer sur Internet.

Bref, quand AADNC ne finance pas les bibliothèques scolaires, il met en péril l’ensemble des services offerts, car, d’une part, il n’ignore pas à quel point ce service est indispensable et, d’autre part, il condamne volontairement les conseils de bande à couper dans d’autres services pour faire face à ses propres manquements à ses responsabilités.

Les normes du MELS en matière de bibliothèques scolaires auxquelles AADNC a assujetti les écoles des Premières Nations sont pourtant claires : les bibliothèques scolaires constituent un des dix services complémentaires indispensables au système pour remplir sa mission. Au Québec comme ailleurs, il est de notoriété publique que la maîtrise de la lecture est un facteur essentiel de la réussite scolaire. Par exemple, le MELS a mis en place un plan d’action sur la lecture à l’école d’un montant de 60 millions de dollars sur trois ans pour enrichir les collections des bibliothèques scolaires du Québec. Ainsi, chaque bibliothèque verra le nombre de ses volumes augmenter de 60 %; autrement dit, chaque école de 300 élèves pourra acheter 1 500 volumes supplémentaires.

Pendant ce temps, les jeunes des Premières Nations attendent toujours…

L’objectif de cette campagne était de sensibiliser la population en général au sous-financement des écoles des communautés des Premières Nations